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Les Murbeats et les Taciturnes
 "Gégé" à la basse, "Fifi" au chant et à la guitare rythmique, "Doudou" à la batterie et un certain "Jean Pierre Collet" à la guitare lead. Certes le groupe ne joue que des reprises ( les Animals, les Shadows, les Yardbirds, les Small Faces, etc) mais leur niveau frise le professionnel. Du fait, durant les années 66 et 67, le groupe se fait une sacrée réputation dans la région. "Doudou" est devenu un foutu bon batteur, oh il ne fait pas de soli extravagants, mais il tient bien les tempos et surtout il ne se prend pas la tête, il continue à progresser sans jamais attraper la grosse tête. Jouer il aime ça et il le fait de toute son âme. En 67, Jean Pierre Collet quitte le groupe et Philippe "Bear" Leclerc le rejoint avec son orgue et c'est la fin des "Murbeats", dorénavant ils s'appelleront "Les Taciturnes".
"Bear" a une culture musicale importante et les reprises deviennent de plus en plus travaillées. Durant l'hiver 67, ils enregistrent même une maquette sur le revox de la MJC dont le directeur "Christiant Dupont" (dont nous entendrons encore parler -ndr) , ancien prof de français de"Fifi" leur a écrit un texte pour l'occasion. Ce qui va suivre va radicalement changer les vies de ces personnes : Christian Dupont qui a troqué son métier d'enseignant pour celui de directeur artistique d'une petite maison d'édition musicale parisienne, va se passionner pour ce groupe d'ados qui dégage une énergie incroyable, il sent leur envie de jouer, il va leur donner l'occasion de devenir des "vrais" musiciens.
L'origine... et sa fin

C. Dupont devient un peu leur manageur, il les fait répéter pendant l'année 1968
en vue de l'enregistrement d'une maquette d'album au studio Gaffinel. Les 8
titres seront enregistrés en une journée (+ une heure la semaine d'après pour
parfaire la prise de son du titre phare : "La Deuxième Aurore". En effet Paul,
trop stressé la première fois, n'avait pas réussi à mettre l'émotion suffisante
dans sa voix). Le mixage de ce titre sera tellement bien fait que le nom de
l'ingénieur du son sera inscrit sur la pochette : un certain "Dominique
Blanc-Franquard" (un de nos meilleurs ingénieurs du son nationaux, père du
DJ/musicien "Boom Bass" - MC SOLAR- et du chanteur "Sinclair" - nda).
Quelques semaines plus tard, ils signent chez Pathé/EMI, sortent un 45 tours,
font deux passages télé en 69, puis par manque de promo et de distribution, le
groupe tombe dans l'oubli... Le groupe tourne dans le midi de la France,
cherchant des petits contrats afin de pouvoir subvenir à leurs premiers besoins :
comme manger par exemple.
Ce train de vie aura raison de Paul, qui va se mettre à broyer du noir, ce n'est
pas une vie ! Et un soir, n'en pouvant plus, Paul laisse un petit mot dans la
camionnette du groupe qui leur servait aussi d'hôtel : " Ne m'en veuillez pas,
j'peux plus, j'tiens plus. Je sais que je me conduit comme un salaud, mais je ne
peux plus continuer"...
Paul de retour sur Paris, se coupe les cheveux et cherche du travail. Peu de
temps après, il est engagé comme batteur au Club Med par un certain "Bobby
Bruno" qui y assure une animation musicale. Pendant les trois mois du contrat,
Paul, au contact des autres musiciens va découvrir le Jazz et va passer des
heures à travailler son jeu de batterie.
Fin 1970, tous les membres de "l'Origine" se retrouvent et rejouent quelques
temps ensemble avant d'être "embauchés" pour accompagner la chanteuse
"Esther Galil". Enfin leur métier de musiciens les fait vivre.
Puis il y a l'épisode "Liquid Theatre", un théâtre experimental californien dans
la lignée de "HAIR" et du "Flower Power". L'expérience est enrichissante et
plaît bien à nos quatres compères. C'est comme ça que germe l'idée de faire leur
propre "Liquid Theatre" : Une folle entreprise me direz vous ? Vous ne croyez
pas si bien dire...
La Folle Entreprise

Eté 1972, Bobby Bruno est le manager du petit groupe d'une dizaine de personnes. Il y a bien entendu Paul à la batterie, Philippe à la guitare, Gérard à la basse, et des nouveaux visages comme Gilles Adam au percus, Philippe "Tonton" Floris (toujours au côté de Paul aujourd'hui, puisqu'il est batteur officiel - ndr), et les filles aux choeurs (Patricia, Nadine, Linda, Marie-Ange et Danièle).
Durant l'hiver 72, tout le monde s'installe au Château de la Tesardière en Touraine, un château un peu fissuré, mais un château tout de même (c'était un ami de Christian Dupont qui leur avait prêté ce logis "enchanteur"). Quoi qu'il en soit, la même histoire se répète : il faut manger, pour manger il faut des sous, et des sous la Folle Entreprise n'arrive pas à en gagner assez pour que tout le monde soit bien, et ce malgré l'enregistrement d'un 45 tours.
Mais début 73, Bobby Bruno redonne de l'espoir à tout le groupe : il a trouvé une ferme "la Bourdette", à 40 km de Toulouse. Le loyer est de 1000 Frs... par an !!! En échange de quoi quelques travaux de restauration seraient à prévoir. Pendant cette année, le groupe tourne un peu partout dans la région et sans rouler sur l'or, tous mangent à leur faim. Paul fait la connaissance de "Colette" qui va devenir sa compagne. Les gars remontent de temps à autre pour accompagner Esther Galil. Mais au bout du compte, un tas de petites choses vont faire qu'à nouveau le groupe va se disloquer pour la dernière fois.
De retour aux Mureaux, Paul pour la première fois de sa vie de musicien va prendre les choses en main : il contacte les copains de "l'Entreprise", non il ne s'agit pas de "Mr Spock", mais de Bertrand Lavallée (ancien pôte du C.E.T.) qui va officier en temps que batteur, "Tonton" qui a bien suivi les leçons de Paul, devient second batteur, Michel Pitton passe à la basse et Patrick Allal à la guitare. Quand à "Doudou" il s'approprie le chant et la guitare. Et Paul fait le tour des maisons de disque avec les maquettes enregistrées en français ! C'est le futur "Paul Personne" qui se construit doucement mais sûrement.
Novembre 74, la boîte où travaille Paul ferme, il se retrouve au chômage et papa d'une petite fille : Jessica. Paul, Colette et Jessica, retourne à" la Bourdette" pour ne pas s'imposer à leurs parents. Là, Paul va bosser comme un fou, il a acheté une guitare et un ampli d'occaze et passe 8 à 10 heures par jour a bosser !!! Paul n'a plus qu'un seul but : celui de réussir.
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